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  1. Évaluer le lien entre la consommation d’héroïne et de stéroïdes

    Contexte

    Les stéroïdes, adéquatement appelés stéroïdes anabolisants androgènes (SAA) sont des drogues couramment utilisées chez certaines populations de jeunes hommes. Plusieurs études ont constaté une association entre les drogues illicites, comme l’héroïne et d’autres opiacés, et l’utilisation des stéroïdes. Plusieurs explications sont possibles justifier pour le lien entre l’utilisation des stéroïdes et la consommation de drogues illicites :

    • a) les deux peuvent être liées à la criminalité et à la dépravation;
    • b) l’héroïne peut provoquer l’arrêt de sécrétion des hormones qui entraîne une diminution de la testostérone, qui peut prédisposer une personne à un remplacement par l’entremise des SAA (stéroïdes);
    • c) les deux peuvent partager des sentiers nerveux à la recherche de plaisir, qui pourraient expliquer la raison des constatations identifiant une prévalence élevée de consommateurs d’opiacés dans un groupe d’utilisateurs de stéroïdes qui a des caractéristiques de dépendance en comparaison d’un groupe d’utilisateurs de stéroïdes qui ne démontre pas de caractéristique de dépendance; et
    • d) une association entre la consommation d’héroïne et de stéroïdes (SAA) peut être attribuable aux contextes culturels.

    Approche

    Dans une zone urbaine du nord-est de l’Angleterre, les auteurs ont utilisé plusieurs groupes de réflexion (total de 30 participants) pour étudier les aspects socioculturels des liens entre la consommation de stéroïdes (SAA) et la consommation de stéroïdes et d’héroïne.

    Constatations

    • Les participants, y compris les consommateurs d’héroïne, percevaient l’utilisation de l’héroïne en jugeant qu’elle était liée à beaucoup de stigmatismes.

    Camouflage de la perte de poids

    • À cause de l’association de la consommation d’héroïne à la perte de poids, les participants liaient le sevrage de l’héroïne à la prise de poids. Ils ont affirmé que la récupération impliquait la cessation de la consommation d’héroïne, l’assiduité au gymnase, l’augmentation de l’appétit et la prise de poids et le développement des muscles. Un participant a expliqué qu’il utilisait les stéroïdes en partie pour faire croire à sa famille qu’il était en sevrage d’héroïne.

    Fins d’intimidation

    • Plusieurs participants pensaient qu’afin de bien fonctionner dans leur environnement social (p. ex., vendeur de drogues ou autres rôles), ils avaient besoin de stéroïdes dans le but de faire de l’intimidation. La force accrue et la grosseur physique accrue aidaient les consommateurs d’héroïne à bien fonctionner à l’intérieur de leur contexte social. Les participants ont affirmé qu’ils utilisaient des stéroïdes tant pour des fins d’intimidation que pour progresser à être des vendeurs de drogues plus efficaces.
    • Les participants qui avaient fait un séjour en prison ont dit que les possibilités limitées de faire d’autres choses et l’ennui contribuaient à l’accent qu’ils plaçaient sur la croissance de leur grosseur et de leur force.

    D’autres études ont aussi noté que les stéroïdes étaient utilisés pour des raisons telles que « se sentir brave » et comme tentative de cacher les effets de l’héroïne.

    Conclusion

    Des raisons socioculturelles importantes expliquent l’association entre la consommation d’héroïne et de SAA, qui incluent la nécessité de fonctionner à travers l’intimidation et de cacher le stigmatisme lié à la consommation d’héroïne. Il est important de noter que la plupart des utilisateurs de stéroïdes ne consomment pas d’héroïne et que la plupart des consommateurs d’héroïne n’utilisent pas de stéroïdes. D’autres recherches pourraient placer l’accent sur la détermination des consommateurs d’héroïne qui sont à risque d’utiliser des stéroïdes et pour cette population, déterminer aussi les personnes à risque plus élevé de développer une dépendance aux stéroïdes.

    Cornforda, C.S., Keanb, J. et Nash, A., (2014), Anabolic–androgenic steroids and heroin use: A qualitative study exploring the connection, Journal of International Drug Policy, Vol. 25, Édition 5, pp. 928-930.