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  1. Diminution des injections assistées

    Contexte

    • La recherche démontre que les personnes qui obtiennent de l’aide pour s’injecter constituent un sous-groupe de personnes spécialement vulnérables qui s’injectent des drogues.
    • Toutefois, une injection par une autre personne est courante chez les personnes qui s’injectent des drogues. Une étude précédente a noté que 41 % des personnes qui s’injectent des drogues dans une ville canadienne ont rapporté avoir eu des injections assistées au cours des 6 derniers mois.
    • Les personnes qui ont des injections assistées courent un très grand risque d’avoir plusieurs résultats négatifs pour la santé. En général, les personnes qui aident les autres à s’injecter utilisent la même seringue. De plus, il y a une association entre avoir besoin d’aide pour s’injecter et le partage des seringues, ce qui fait que ces personnes sont plus à risque pour les maladies transmises par le sang.
    • L’injection assistée est fortement liée au VIH et au VHC.
    • Une étude canadienne précédente a noté que les personnes qui obtiennent de l’aide pour s’injecter sont doublement à risque de contracter le VIH.
    • Il est plus probable que les femmes qui s’injectent des drogues ont besoin d’aide pour s’injecter si on les compare aux hommes. Même si les raisons de l’aide à l’injection peuvent être sexospécifiques, d’autres raisons pour l’injection assistée incluent le manque de veines viables, la fiabilité aux veines jugulaires, la privation et le manque de connaissance sur la façon de s’injecter.

    Approche

    Les auteurs ont effectué une analyse comparative entre les sexes parmi 1 119 personnes qui s’injectaient des drogues à Vancouver pour évaluer le taux de personnes qui avaient besoin d’aide avec l’injection.

    Constatations

    • Les auteurs ont relevé que les taux d’injections assistées au cours des six derniers mois ont chuté entre 2006 et 2014 tant chez les hommes (21,9 à 13,8 %) que chez les femmes (37,0 à 25,6 %).
    • Toutefois, l’emprunt de seringues est resté positivement associé aux femmes qui obtenaient de l’aide pour s’injecter et au cours des plus récentes années, parmi les hommes.
    • Pour les femmes, l’injection quotidienne d’héroïne, l’anxiété et la privation ont été soulevées comme raisons pour avoir besoin d’aide à s’injecter.
    • Les raisons les plus souvent mentionnées pour l’injection assistée étaient semblables entre les hommes et les femmes. Les raisons incluent : injection de veines jugulaires; mauvaises veines/pas de veine et anxiété et privation.
    • Le nombre d’hommes et de femmes qui ont rapporté ne pas connaître la technique d’injection comme raison pour l’injection assistée a diminué au cours des dernières années.
    • Toutefois, les taux d’injection assistée continuent d’être élevés malgré la diminution démontrée dans cette étude. C’est particulièrement vrai pour les femmes étant donné qu’elles ont des taux plus élevés d’injections assistées en comparaison des hommes.
    • Une constatation troublante est que l’association entre l’injection assistée et l’emprunt de seringue semblent avoir augmenté au cours des dernières années.
    • Tant pour les hommes que pour les femmes, l’injection en public était continuellement liée à l’injection assistée.

    Conclusion

    Les taux d’injections assistées parmi les personnes qui consomment des drogues injectables diminuent. Il est possible que cette situation soit liée à une sensibilisation accrue aux risques liés aux injections assistées à cause de l’accès amélioré à l’information et les interventions sur la réduction des méfaits. Toutefois, il est important de reconnaître que globalement, l’injection assistée demeure élevée, particulièrement chez les femmes.

    Pedersen, J.S., Dong, H., Small, W., Wood, E., Nguyen, P., Kerr, T. et Hayashi, K., (2016), Declining trends in the rates of assisted injecting: a prospective cohort study, Harm Reduction Journal, 13:2.