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  1. Comportements d’injection à risque après le traitement du virus de l’hépatite C en Australie

    Contexte

    La prévalence de l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) est élevée parmi les personnes qui s’injectent des drogues et constitue une cause importante de morbidité et de mortalité parmi cette population. À cause des inquiétudes voulant que le traitement du VHC puisse augmenter les comportements d’injection à risque parmi les personnes qui s’injectent des drogues, les auteurs ont comparé les comportements d’injection à risque (dans le dernier mois) entre des personnes qui s’injectent des drogues qui ont reçu un traitement pour le VHC et des personnes qui n’ont pas reçu de traitement pour le VHC.

    Constatations

    • Des 124 participants australiens qui ont un historique de consommation de drogues par injection, 69 % étaient des hommes et 68 % étaient traités pour infection par le VHC.
    • Le traitement n’était pas associé à une augmentation de la consommation récente de drogues par injection (ratio de probabilité ajusté (rpa) 1,06, 95 % IC 0,93, 1,21). Ceci correspond aux constatations d’une étude précédente.
    • Le traitement du VHC n’était pas associé à l’emprunt récent de seringues usagées (rpa 0,99, 95 % IC 0,89, 1,08).
    • Le traitement était associé à une diminution du partage récent de matériel d’injection auxiliaire (rpa 0,85, 95 % IC 0,74, 0,99). Ces données sont importantes étant donné que le partage du matériel contribue à la transmission du VHC.
    • Même si l’échantillon était petit, les 24 participants qui sont restés pendant le suivi (24 semaines) ont démontré une diminution importante du partage du matériel d’injection pendant le suivi. Ceci est intéressant à noter parce que les effets secondaires du sevrage des opioïdes liés à la thérapie par interféron, qui constituent une préoccupation pour certains médecins (ces derniers s’inquiètent que le traitement pourrait mener à une rechute ou à une augmentation de la consommation de drogues).

    Conclusion

    L’évaluation et le traitement subséquent du virus de l’hépatite C pour les personnes qui s’injectent des drogues devrait être amélioré à cause de son efficacité à démonter qu’il ne mène pas à une augmentation des comportements d’injection à risque et qu’on a déjà prouvé qu’il est sécuritaire et efficace pour les populations qui s’injectent des drogues.

    Alavi, M.,  Spelman, T.,  et Matthews, G.V., (2015), Injecting risk behaviours following treatment for hepatitis C virus infection among people who inject drugs: The Australian Trial in Acute Hepatitis C, International Journal of Drug Policy, Vol. 26, Édition 10, pp. 976-983.

  2. Coût-efficacité des stratégies de réduction des méfaits

    Contexte

    Les fournisseurs de soins de santé et les gouvernements à travers la planète sont confrontés à la tâche urgente d’améliorer les résultats pour la santé des personnes qui s’injectent des drogues, plus précisément de tenter de réduire les taux croissants de la transmission du VIH et du VHC.

    Approche

    Les auteurs évaluent les programmes d’échange de seringues (PES), les thérapies de substitution aux opiacés (TSO) et les traitements antirétroviraux (TAR) séparément et ensuite en combinaison.

    Constatations

    Efficacité et coût-efficacité des programmes d’échange de seringues (PES)

    • Les PES sont en général les solutions les moins coûteuses s’élevant à 23 $ – 71 $ (US) par personne par année. Cette variation de coût dépend de la région du monde et du mode de prestation (p. ex., pharmacies, distribution mobile).

    Efficacité et coût-efficacité des thérapies de substitution aux opiacés (TSO)

    • La TSO est une intervention structurale qui comporte d’autres avantages sociétaux. Même si elle est plus coûteuse que les PES, les avantages les plus importants sont liés à la réduction du nombre et de la gravité des rechutes à cause de la consommation d’opiacés ainsi que des taux plus faibles d’activités criminelles et d’emprisonnement en raison de crimes liés aux drogues. Les TSO sont particulièrement plus efficaces au niveau des coûts lorsque ces derniers facteurs sont inclus dans les analyses économiques.

    Efficacité et coût-efficacité des traitements antirétroviraux (TAR)

    • Plusieurs études ont démontré que les TAR sont efficaces au niveau des coûts tant pour garder les personnes en vie que pour fournir des avantages de prévention.
    • Une étude réalisée en Russie a démontré que le TAR coûterait approximativement 1 501 $ (US) par QALY (année de vie ajustée par sa qualité) obtenue lorsque les personnes qui s’injectent des drogues sont ciblées. C’est considéré une bonne valeur pour l’argent.
    • On s’attend à ce que les coûts des TAR baissent d’ici 2020.

    Efficacité et coût-efficacité des stratégies de combinaison

    • Des stratégies exhaustives semblent être une meilleure approche parce qu’en général, aucune stratégie unique de réduction des méfaits n’est suffisante.
    • La recherche démontre que les programmes d’échange de seringues, les thérapies de substitution aux opiacés et les traitements antirétroviraux ensemble ont démontré leur efficacité pour réduire la dépendance aux drogues, réduire le partage du matériel d’injection, améliorer la qualité de vie et éviter les infections au VIH.
    • Globalement, le coût unitaire des interventions de réduction des méfaits est faible, mais il peut varier si on se base sur le type de prestataire, le modèle de prestation et la région.

    Conclusion

    Les interventions de réduction des méfaits constituent une bonne valeur pour l’argent investi et améliorent les résultats pour la santé des personnes qui s’injectent des drogues ainsi que la population plus large. À l’heure actuelle, la couverture des programmes de réduction des méfaits est trop faible à travers presque toutes les régions du monde. Même si l’élargissement des programmes est une mesure coûteuse, cela vaut la peine non seulement pour les avantages sociétaux, mais aussi pour le rendement du capital investi pour les gouvernements.

    Wilson, D.P., Donald, B., Shattock, A.J., Wilson, D. et Fraser-Hunt, N., (2015), The cost-effectiveness of harm reduction, International Journal of Drug Policy, Vol. 26, pp. S5-S11.